La peinture et la poésie

pendant la première guerre mondiale

Marc Chagall (1887-1985) - Autoportrait au verre de vin - 1917 - (0,93 m x 0,54 m)

Paris, Musée d'Art Moderne

Au cours de la guerre 1914-1918, la plupart des artistes étrangers sont retournés dans leurs pays respectifs. Modigliani est de ceux qui, comme Picasso, comme Juan Gris, resteront à Paris. Il poursuivra d'affectueuses relations avec le poète Max Jacob. Au cours de maintes conversations dont la poésie fera généralement les frais, on se plaira à réviser les vertus ou les défauts de ce Cubisme qui les a passionnés eux aussi. C'est pendant ces longues causeries que Modigliani fera le beau portrait de Max Jacob. On remarque qu'il s'est laissé prendre au piège cubiste. Il s'agit toutefois d'un Cubisme peu orthodoxe, celui que Cézanne avait inspiré par ses appels à la discipline géométrique.

Amedeo Modigliani (1884-1920) - Max Jacob - 1916 - (0,76 m x 0,60 m)

Paris, collection privée

Quant à Chagall, lui, il a quitté Paris pour Moscou où l'attend Granowsky avec son Théâtre Juif, celui qui, après la guerre, donnera à Paris de magnifiques représentations. C'est lui qui commande à Chagall, pour le loyer de son théâtre, d'importantes compositions murales. A Vitebsk, ce dernier a retrouvé sa fiancée Bella. JI exécutera ce double portrait où tous deux se retrouvent fixés dans une impressionnante allégorie qui symbolise, peut-être, la fragilité d'un bonheur bâti sur l'eau. Les intentions des poètes sont parfois aussi insondables que celles de la Providence. En tout cas, cette composition sera très goûtée par les surréalistes.