L'Odalisque rouge de Matisse

Dans l’œuvre de Matisse, la période des Odalisques représente une nouvelle phase. Cette période se situe entre 1918 et 1930 environ. On a voulu reconnaître en elle certaine influence de Renoir que Matisse a longuement fréquenté à Cagnes. Mais la sensibilité de celui-ci reste plus essentiellement dédiée à un chromatisme coloré, tandis que celle de Renoir, en des sujets identiques, adresse surtout des odes plus ou moins discrètes à la féminité, sous des formes qui définissent son inspiration sensuelle.

Henri Matisse (1869-1954) - Odalisque rouge - 1928 - (0,55 m x  0,38m)

PARIS, COLLECTION PARTICULIERE.

Les Odalisques sont généralement des prétextes à des débauches de tons éclatants d'un luxe inouï qui constituent surtout des spectacles décoratifs. On relèverait même certains souvenirs baudelairiens dans cette odalisque qui " repose en sultane", dans sa "splendeur orientale", " parée de bijoux sonores" sur l'un de ces fameux "lits pleins d'odeurs légères " ou sur quelque "divan profond", et près "d'étranges fleurs sur des étagères ". En revanche, le personnage n'est jamais touché par le "goût du néant" familier à Baudelaire il chante plutôt le célèbre Bonheur de vivre qu'exalte Matisse. Volupté de la forme, élégance de la ligne, enivrement de la couleur... Il faut regarder de tous ses yeux, se laisser prendre, mais ne pas s'interroger sur la valeur du frisson ressenti Matisse se laisse aller à la joie de sa sensation initiale sans la soumettre cette fois au contrôle d'une organisation qu'il a souvent invoquée.