Jugendstil et Modern-Style

 C’est du titre du titre "Jugend " (jeunesse) donné en 1896 à une revue de Munich que vint le mot Jugendstil. Il désignait une esthétique nouvelle qui ne tarderait pas a se répandre en Europe. A Vienne elle prit le nom de Sécession. Elle gagna l'Angleterre où Beardsley s'en fit l'apôtre; on l'appela modem-style. En Espagne, Barcelone l'adopta avec fureur. Enfin, en France, ce fut l'Art nouveau qui devint bientôt par dérision le style nouilles, ou le style métro.

Edvard Munch (1863 - 1944) - Rendez-vous dans l'Univers - 1899 - (0,18 m x 0,25 m)

Oslo, Galerie Nationale

Munch veut symboliser ici la destinée de l'homme et de la femme soumis, même dans la mort, aux lois de l'amour. En effet, pendant les années 1896 et 1897, il fréquenta les cercles symbolistes à Paris.

Venu d'une réaction contre l'académisme d'outre-Rhin, le Jugendstil donna surtout le signal d'une sorte d'exubérance romantique de pacotille. En peinture, en gravure, les sujets étaient choisis parmi des légendes moyenâgeuses et les mythes classiques étaient traités d'une manière toute primaire. La décoration s'empara du procédé et ce fut dans l'affiche, la ferronnerie, la céramique, en sculpture et en architecture, une débauche d'arabesques, d'envolées de lignes développées sans raisons plastiques et sans frein, où des traînes de robes, des corps de femmes ondulant mollement parmi de longues chevelures affectaient un style boursouflé. La liberté et les audaces plastiques à quoi prétendait l'Art nouveau étaient très mal calculées à cause sans doute du bannissement absolu de la ligne droite, de ses disciplines, et pour d'autres causes encore. Toujours est-il qu'après avoir connu un succès considérable, mais pas de très bon aloi, il disparaîtra très rapidement sans laisser d'autres traces que le souvenir dtun effort, légitime sans doute, mais mal organisé et surtout pas à l'ordre du jour.